Ah ce que je peux détester toute la tripotée de pisse-vinaigres qui se croient obligés de sanctionner toutes les informations des journaux en ligne par la fatuité de leurs commentaires.
Dès que je parcours un article, sur Le Monde, sur Libé, sur Le Figaro, je le sens là, tout en bas, le chœur des pleureuses, qui se lamentent et se marchent dessus pour faire entendre leurs gémissements, comme les damnés dans la fosse des enfers. Tout au fond du Tartare, les spectres se battent pour expectorer leurs aigreurs, leurs psychoses, leurs frustrations de n’être pas entendus des vivants comme ils pensent le mériter, leurs mots d’esprit refroidis, leurs cynismes de cloaques.
Ah ! La barbe ! Vos gueules ! On entend que vous ! C’est vrai quoi.
Tout le monde, je pense, a son vieil oncle Patrick, usé par les morsures du temps, qui s’emporte à table sur n’importe quel sujet, en s’appuyant sur des raisonnements élaborés, mais aussi moisis, dans son petit crâne, voire, en cas d’alerte à la crédibilité, sur un expert de “C dans l’air”.
Eh bien les commentaires sur les sites d’infos, c’est comme un gigantesque congrès d’oncles Patrick, un symposium des gueulards. Et à table comme sur le Net, ceux qui me semble-t-il pourraient apporter des contributions intelligentes préfèrent se taire, fatigués d’avance d’avoir à mener des combats de mauvaises fois. Résultats, des mégabytes de néant de la pensée, d’éructations diverses. Berk.
D’ailleurs, si quelqu’un inventait un logiciel qui empêche l’affichage des réactions, comme les popups en d’autres temps, je crois que je serais preneur !
PS : euh, je parle des commentaires sur les sites de presse, einh, pas sur les autres sites, notamment les blogs ! 