Archive pour septembre 2005

vu-sur-le-web

Mardi 27 septembre 2005

lyndie

La tristement célèbre Lyndie England, potiche au Salon des prisons irakiennes et reconnue coupable hier de quelques chefs d’accusation, est devenue entre temps une source d’inspiration pour soirées déguisées… Bon évidemment c’est très noir comme humour, mais j’aime encore bien.

«hello Jessica, mais en quoi es-tu déguisée ?
— ben, en Lynndie England ! Je suis venue avec Brian»

sadness on-line

Samedi 24 septembre 2005

Je viens de me rebrancher sur dialh, comme ça, pour voir. Ca fait au moins deux ans que je n’y étais pas allé, depuis que j’ai rencontré E., quasiment. Il y a quelque chose d’à la fois très attirant et très glauque sur ces sites. Il n’y a pas vraiment besoin de décrire le côté attirant, tous ceux qui y ont traîné leurs guêtres voient ce que je veux dire, et apparemment beaucoup sont concernés, si j’en crois le nombre de pages que Têtu consacre à ces sujets. En plus on y trouve parfois son compte, je sais de quoi je parle.

Mais qu’est-ce que c’est glauque, en même temps. C’est pareil, il y a déjà eu beaucoup de littérature sur cet aspect ; mais c’est tellement fascinant, admettez-le. Tous ces types dont les visages coexistent avec tellement de proximité, les uns au-dessus des autres, et qui passent des heures à se jauger, à cocher mentalement leur check-list du bonheur ou du panard sexuel. Alors on fait défiler, et au bout de la liste, on recommence. On navigue entre les photos de vacances, ensoleillées et parfois souriantes, et les autopotraits à la moue très étudiée, au regard dur et bien calé, clichés certainement extraits d’une série inimaginables de tentatives avec l’appareil sur le frigo, sur un dico, tenu à bout de bras…

Ca m’a toujours beaucoup amusé d’imaginer ces gueules de caïds en train de faire leur very special shooting dans leur appart, tentant de rassembler devant l’objectif tous leurs atouts. En même temps, il y en a aussi qui s’en foutent, qui se prennent à bout portant dans le miroir de la salle de bain, éclairé au néon, ce qui donne un cliché façon pavillon des viandes à Rungis. Leur désinvolture m’attendrit… Ah oui, il y a aussi les photos de fête, celle où en arrière plan sont plantées deux ou trois copines qui n’avaient rien demandé, et qui se retrouvent (dans des attitudes plus ou moins dignes et le visage plus ou moins bien masqué) sur le grand marché du plan q real now skets panards ok -25 no way

Ce que je trouve plus triste, en me reconnectant ce matin, c’est de retrouver les mêmes pseudos, les mêmes photos, bref les mêmes types qu’il y a deux ans. C’est bizarre de se dire qu’on voit vieillir avec soi ces existences dont on ne connaît qu’un petit portrait en vignette. Qu’on-t-il fait de leur vie depuis deux ans ? est-ce qu’ils attendent toujours un message ? Je n’en sais rien, et j’aimerais bien savoir.

Critiquer ces sites, ça a toujours un côté dame patronesse outragée, qui ne comprend pas le fun. C’est pas ça, moi je trouve ça rigolo, ces sites avec ces règles de sociabilité particulière, moderne. Faut prendre ça comme un petit jeu sociologique. Mais pas devenir accro à ce petit jeu.

Car enfin, d’une manière générale, c’est quand même triste de rester le cul collé devant un ordi devant ce qui devient vite une espèce de boursorama du plan bze, où l’offre et la demande tente de s’équilibrer, alors que la demande est d’ailleurs bien plus exigeante que l’offre… Spéculation, ô mes délices !

Et je trouve encore plus triste que l’on accepte ainsi de rentrer dans un système épouvantable de marchandage des corps, où l’on accepterait de montrer l’état de ses dents et le dessous de ses ongles à un mec dont la seule autorité réside dans des pecs qui rendent dingue. Rousseau, ou Spinoza je ne sais plus, disait que l’homme nait libre, et pourtant il se complaît dans l’enfermement, et Spinoza, là je crois être sûr, ajoute que malgré ce qu’il dit, l’homme est finalement prêt à se battre pour rester en état d’esclavage. C’est un peu ça, beaucoup ont l’impression que la cause gay avance parce qu’on peut enfin être de la viande au grand jour. Et alors ? Si ça nous chante ? On fait bien ce qu’on veut !

C’est bien cela l’illusion : croire que nous sommes des maîtres quand nous ne sommes que des esclaves.

buona serata

Vendredi 23 septembre 2005

Ouf ! j’avais bricolé le template de blog où j’ai écris mes deux premiers posts avec wordpress première version, et la mise à jour que j’ai tenté de faire m’a tout pété ! Arf ! Il faut dire que je me balade dans l’univers du PHP comme un fan du PSG sur une plage de Mykonos… enfin j’imagine. Heureusement, malin que je suis, j’avais sauvegardé les textes ainsi que le layout de l’ancien blog… mais, truffe que je suis, pas la feuille de style.

Donc je vais devoir remettre mon nez là-dedans pour personnaliser un peu l’affaire, car le layout par défaut est assez sinistre… Si tous ces incroyables rebondissements n’avaient pas chamboulé ma vie déjà trépidente, j’aurais extrait de ladite vie un aspect pittoresque pour en développer l’originalité, et cracher à la face du monde mon bonheur d’être ainsi. Mais le monde attendra un peu, il est huit heures, je suis naze, mon mec n’est pas là, je vais mater “une soirée deux polars” sur la deux et au lit ! trépidente, vous dis-je…

flash-back

Mardi 20 septembre 2005

J’adorais mon taf. Je promets. Je crois que je l’aime toujours, mais je suis un peu usé par la vie du journal.

En fait, j’ai souvent pensé avoir une bonne étoile. Pas une bonne étoile au quotidien, qui ferait par exemple que je tombe toujours sur la caisse qui va vite, ou que je trouve de temps en temps un billet dans la rue. Ca non. C’est plutôt le contraire d’ailleurs. Non, c’est plutôt une bonne étoile pour les moments les plus décisifs de l’existence, pour les choses importantes qui changent l’orientation d’une vie. Et en l’occurence je lui dois sans doute mon entrée dans la vie professionnelle, du moins dans les conditions où elle s’est faite.

Du coup, j’ai savouré à chaque moment les étapes symboliques que je franchissais, et tout s’enchaînait par des rebondissements inattendus qui permettaient à mon histoire de suivre son cours. Je me souviens de mon arrivée à Paris. Tous les provinciaux qui arrivent à Paris avec un brin d’ambition et beaucoup d’inquiétudes ont dû ressentir ce vertige dans la ville où tout semble davantage possible, envisageable, inattendu. Avec en fond d’angoisse le spectre noir du rien, du vivotement.

Et je me souviens de mes premières balades, et le jour où, au détour d’une rue, je suis tombé sur le journal. Le simple titre affiché si grand fit surgir en moi tout le poids des mythes et de l’histoire de ce milieu, toute la littérature, les bruits des téléscripteurs et des vieux téléphones, la dernière nouvelle qui circule dans les étages, les marches escaladées quatre par quatre et descendues plus vite encore, tout le vocabulaire typique, les casses, les flans, les ligatures, la une, la der, les cols et le texte qui coule, tout cela se dressait en face de moi comme un défi. Cela fait maintenant quelques années, et j’y suis, à présent, dans le journal. Il a fallu quelques hasards et quelques efforts, un petit côté Duroy, sans doute au fond plutôt Sorel, mais j’y suis arrivé. J’ai pu toucher le mythe de près, et j’y ai pris plaisir car il est bien là.

Mais aussi, fatalement, les côtés moins enchanteurs, les rapports de pouvoirs, les envolées et les déchéances, les alliances inattendues et les lâchages prévisibles. Les narcissismes, aussi, les caprices de diva, les stars et les petites mains. Tout cela excitait naguère ma passion pour la nature humaine, comme des travaux pratiques après cinq années de fac de philo entre Machiavel et Spinoza. C’était presque un jeu, une mise en application

C’est sous le poids de ces batailles d’influences et de ces petits pêchés d’orgueil que je ploie aujourd’hui, avec un peu de lassitude. Enfin, il faut tenir le coup, et se souvenir de cette belle histoire.

Pause-déjeuner

Lundi 19 septembre 2005

Bon, si je réactivais cette vieille coquille de blog, que j’avais bricolé il y a quelque temps, pour voir ? Je ne sais pas ce que j’ai en ce moment, une grande envie d’écrire, tendance contrariée. J’achète des carnets, des cahiers, à spirales, sans spirales… je noircis une page ou deux et j’abandonne.

J’aimerais vraiment retrouver le rythme d’écriture que j’avais lorsque j’étais étudiant, avant de bosser. C’était vraiment plaisant, constructif, j’avais bien plus l’impression d’être moi, d’avoir de l’emprise sur moi… Depuis le taf, je n’ai plus le temps, plus le loisir non plus. Donc après les grands formats petits carreaux, les petits formats à spirales, les cahiers à couverture de cuir florentin, il me reste cette option moderne : le blog. Je compte sur l’aspect ludique de la chose, et sur le fait que ça ne me change pas beaucoup de mon activité professionnelle pour me motiver. J’ai juste un peu peur de la retenue, de ne pas tout inscrire par pudeur incontrôlée.

Dans mes cahiers, j’étais plus libre, même si l’idée qu’ils puissent être lu ne me quittait pas complètement.

Mais honnêtement, je ne ferais pas le fier si mes collègues tombaient sur mes états d’âmes… Bon allez, les deux perdants allemands se disputent le siège du gagnant, et Deschamps a quitté l’AS Monaco “l’information de la matinée” selon LCI. Le déj attendra encore un peu. Au boulot.