Archive pour février 2007

A la louche

Mardi 27 février 2007

J’ai été sondé une fois, par téléphone, c’était en 2001. Quelques mois avant les municipales. Ça m’a marqué. Bon, je ne me souviens pas de tout, mais en gros :

La dame me demande si j’ai quelques minutes à lui consacrer. Ben oui, j’étais étudiant à l’époque. Présentation d’usage : âge, catégorie socioprofessionnelle, nombre de personnes au foyer, etc. Alors : ça concerne les municipales. OK, Jean-Pierre, je suis prêt.

« Je vais vous citer des noms, vous me direz si vous les avez déjà entendus. » Très bien. Suivent quelques noms, je n’en connais pas la moitié, sinon Delanoë, Panafieu, et quelques autres qui ont disparu depuis. D’autant que j’habitais Paris depuis quelques mois seulement. Mais ensuite, ce fut plus drôle : « Je vais vous redire ces noms, et pour chacun, vous me direz s’ils sont selon vous, tout à fait, plutôt, plutôt pas ou pas du tout honnête » Puis il y eu d’autres adjectifs, comme crédible, efficace, ambitieux, loyal et des phrases comme « capable de tenir ses promesses », etc.

Pas facile, quand on ne connaît pas la moitié des noms cités. Je m’en émeus auprès de la préposée. « Je ne peux pas dire que je ne sais pas ? » « … Si, éventuellement, mais c’est dommage, il ne vaut mieux pas. Essayez plutôt de répondre par l’une des propositions ». Bon, très bien, au doigt mouillé : lui tout à fait honnête, elle pas du tout crédible, lui plutôt ambitieux. N’importe quoi, en somme.

Après il y a eu la même chose, mais version : diriez-vous qu’il se situe tout à fait, plutôt, plutôt pas ou pas du tout à gauche, à droite, aux Verts ? Ben pareil : j’en sais rien de rien pour la plus grande partie. Mais je réponds quand même, je ne veux pas contrarier…

A côté de ça, pipoter sur mes intentions de vote, ça n’était pas plus difficile, puisqu’à chaque fois la dame me disait que l’option « ne sait pas » n’allait pas faire bien sur son tableau de chasse.

A la fin, étant donné la complète vacuité de mes réponses, je demandai pour qui était réalisé ce sondage. Pas le droit de le dire, mon bon Monsieur. Soit. Ce qui est drôle, c’est que quelques semaines plus tard, j’entrais au journal, et encore quelques semaines après, je découvrais mon sondage dans ses colonnes. Ironie du sort.

Et la moralité ? Ben… Je ne vais pas faire un dessin !

L’air de la campagne, II

Dimanche 25 février 2007

Je trouve terrible que Bayrou s’impose simplement comme compromis. Je trouve ça terrible, cette idée de compromis. Ce consensus mou. Cette solution moyenne à la con, le syndrome de l’aurea mediocritas. Ça me rappelle mon boulot : « toi tu veux que ce soit en bleu ? Toi tu veux que ce soit en jaune ? Et vous me demandez de trancher ? Eh bien ce sera vert, comme ça tout le monde est content. » Ça fait longtemps que je n’ai pas croisé un boss qui avait les couilles de choisir et d’assumer son choix.

Non, non et bordel de non. On peut choisir le centre parce qu’on est convaincu de ses arguments, mais pas parce que c’est un bon moyen de ne pas choisir entre les autres. Pas parce qu’on assume pas de voter Royal ou Sarkozy. Encore moins parce qu’on prévoit un coup de billard à trois bandes qui devrait en toute logique aboutir au meilleur.

En 2002, j’ai voté au premier tour pour un petit candidat. C’était tout bien calculé : je profitais du premier tour pour afficher mon courant de pensée minoritaire, et au deuxième je votais sérieux. Résultat : on sait.

En 2007, je pense avoir tiré les leçons de tout ça : fini de rigoler, je vote tout simplement pour celui que j’estime être le bon candidat, dès le premier tout et point final. Pas de plan sur la comète, de calculs horoscopiques à trois inconnues, de simulations intellectuelles de report de voix, selon l’âge du capitaine et le sens du vent. Parce que pendant que je fais mes petites analyses, il y a quelques millions d’autres électeurs qui n’en font aucune, et si ça foire, entre le mea culpa des journalistes et la quinquennale mise en cause des instituts de sondage, ce sera trop tard pour que je puisse m’en plaindre.

Ale

Samedi 24 février 2007

Autant en France, la version 2 de Loft Story a définitivement enterré le concept, autant dans d’autres pays, les versions nationales de Big Brother se succèdent chaque saison et semblent toujours bien fonctionner.

En Italie, ça s’appelle Grande Fratello, et c’est la septième année du programme. Comme je suis un fin observateur de la culture transalpine (bientôt Sanremo…) je jette toujours un oeil aux nouveaux candidats, pour faire une analyse socio-culturelle (mouais…) et repérer les mignons (comme pour la starac en France, mais ils commencent à avoir des têtes à être nés quand j’emménageais dans mon premier appart…)

D’habitude ils sont tous moches, mais cette année, il y a Alessandro :

Sandro

Arff Alessandro… Je fonds…

Sandro

Je crois qu’il ressemble un peu à ce à quoi j’aurais bien aimer ressembler… (mais ça, c’est l’effet cheveux, l’attirance des contraires sans doute…)

Bon, il est pas pédé pour deux lires et passe son temps à faire des bisous à la chaudasse de service.

Euh… j’offre un paquet de pim’s à celui qui trouve un intérêt à ce post… Je ferais mieux de sortir, tiens…

PS : La campagne des cent fleurs marche toujours !

Que cent fleurs s’épanouissent

Vendredi 23 février 2007

Ça fait longtemps que je n’ai pas mis à jour ma liste de blogs. En fait, je ne m’en sers pas vraiment. Tous mes blogs préférés sont dans un dossier de marque-pages sur firefox, et quand je veux faire mon petit tour, je les ouvre tous d’un coup dans des onglets, puis je les referme un par un. J’en ajoute de temps en temps, j’en enlève rarement, ce qui fait qu’une fois ouvert, ce dossier de marque-pages ressemble de plus en plus à un cimetière… Entre les blogs fermés dont l’adresse est morte, ceux qui sont immobilisés depuis six mois sur le dernier post, que ce soit sur un testament ou sur un autre sujet qui ne laissait rien présager…

C’est dommage, car je ne trouve plus beaucoup le temps d’aller flâner à droite et à gauche pour trouver de nouvelles ressources.

Alors je propose la chose suivante : si celui qui passe ici connaît une bonne adresse susceptible de régénérer mon blogroll, qu’il la laisse en commentaire ! Ou même si c’est son propre site ! Je suis bon public ! Si c’est un peu cul, un peu marrant, un peu léger, un peu sérieux, pas mal écrit, tout ensemble ou un peu séparément, je suis preneur :clapclap: .

Et après, promis juré, je remets ma liste à jour…

:xsmac: d’avance

Un peu d’eau

Mardi 20 février 2007

Mince alors. Ce blog est en train de faner, ou je ne m’y connais pas… Pas le temps de l’arroser comme il faudrait. Je cherche un nouveau boulot, alors comme à chaque fois que je me lance dans un projet d’envergure, cela monopolise toute mon énergie. Et puis ce que je vis en ce moment ressemble pas mal à ce que j’écrivais ici même l’an dernier. J’ai un peu peur du réchauffé.

N’empêche, cette bougeote me donne quand même beaucoup à réfléchir. Sur moi-même, j’entends. Sur mon rapport au travail, à ce que j’en attends, sur le fait que je puisse m’emmerder si vite et surtout que je ne supporte pas de m’emmerder, qu’il me faille aussitôt partir.

En gros je me demande si je déconne et si je dois me méfier de ce penchant, ou bien si c’est un vrai moteur. J’en sais rien.

Autour de moi, il y a énormément de gens qui sanctionne mes envies de changements par des « c’est partout pareil ». Ça m’affecte. Oui peut-être. Ou peut-être pas. Je doute. Ce que je sais, c’est que ce simple stimulus de résignation suffit pour déclencher en moi un réflexe d’évasion, que rien que pour cela, contre cela, je suis capable de déconner, de partir, de démissionner, de faire n’importe quoi pour me prouver que je suis encore un peu libre de mes gestes. C’est dans ces moments là, précisément, que je me méfie de mes penchants.

La seule chose qui me rassure, qui me sert un peu d’exemple, c’est mon histoire avec E. Parce qu’avant lui, j’ai sérieusement papillonné. A chaque nouvelle histoire, je savais très vite si j’allais être bien, ou pas. Et quand je n’étais pas bien, si vite, je me posais les mêmes questions : est-ce moi qui ne sais pas ce que je veux ? Est-ce de l’instabilité pathologique ? Quand j’ai rencontré E., par contre, les choses se sont mises en place simplement, sans que je me pose de questions existentielles. Il y a eu quelques bas, bien sûr, mais à chaque fois le fond de notre histoire était bien assez solide pour supporter tout cela. Et je me dis alors que j’ai bien fait de ne pas vouloir ce que je n’ai pas voulu.

C’est la seule chose qui me recadre un peu lorsque je me demande ce que je vais bien pouvoir foutre de ma vie professionnelle.

A part ça, j’envoie des lettres, je réseaute un peu, je traque le bon plan, l’opportunité alléchante. Parce qu’une chose est sûre : je veux au moins prendre le temps de choisir quelque chose qui me fasse vraiment tripper. A suivre.

L’air de la campagne

Jeudi 15 février 2007

C’est bizarre comme à chaque élection il y a un thème à la con qui émerge, c’est comme une mode, c’est le string qui dépasse, version politique. Il y a cinq ans, c’était l’insécurité. Aujourd’hui, c’est le chiffrage, la comptabilité, la dette, combien ça coûte.

C’est peut-être parce que l’insécurité a laissé de mauvais souvenirs, que l’on s’est inconsciemment choisi un sujet qui fait plus sérieux, qui fait comptable. A moins que ce ne soit la mercantilisation des esprits (on dirait un titre du Monde) qui continue. Qu’on en soit à estimer les programmes politiques comme on compare les devis de quelques artisans qui viennent changer le velux : combien ça va me coûter, exactement ? Einh ? Et sa petite entreprise ? A-t-elle les reins solides ?

Ça, c’est un thème propre, et surtout : lisible. Parce que les chiffres ça se mesure. On peut ne rien comprendre à rien, on saura toujours conclure devant deux chiffres que l’un est plus important que l’autre, et avoir ainsi l’impression d’avoir analysé la campagne des candidats. Mais quant à savoir ce que cela veut dire vraiment…

On peut chiffrer les projets, il est évident qu’ils coûteront soit deux, soit trois, soit quatre fois plus. Ou davantage encore. Personne n’en sait rien. On peut évoquer la dette, bien sûr qu’elle est impressionnante et qu’il faut s’en soucier, mais vouloir l’expliquer en la comparant à l’endettement d’un ménage est un procédé un peu malhonnête.

Ce serait tellement mieux si l’on s’enthousiasmait devant un projet de société, une idée pour le pays, une aspiration pour la nation, au lieu de lorgner sur les résultats de ces quelques additions complètement bidons.

:roll:

Les conseils de Mina (suite)

Mercredi 7 février 2007

Bon, un pan entier de la pédéblogo semble au bord du gouffre, voici donc une note légère et de bon goût.

Alors, admettons qu’un mec vous ait fait la crise décrite ici en point 3, et que vous l’ayez remis à sa place de façon terrassante en lui chantant vos arguments comme le fait Mina à ce même endroit. De cette manière, vous avez habilement repris la main dans le jeu amoureux.

A présent, votre prétendant est tout miel, et tente de vous séduire une dernière fois par des déclamations très romantiques. Mais vous, intrigant, vous savez déjà qu’il faudra l’éconduire. Sitôt sorti de la salle de bain avec un brushing éclatant et un maquillage léger, vous prenez un air entendu et, badinant, minaudant, vous lui laissez entendre que son verbiage a peu de prise.

Quelque chose comme ça :

Et vous pouvez tourner les talons, laissant le mâle pantois et sans plus d’armes.

C’est gagné !

Quelques remarques :

1) L’ingestion préalable d’une part de space cake peut vous aider à peaufiner vos postures
2) Je trouve que le type sent la gitane et l’eau de cologne jusqu’ici
3) ça va, ça va, j’adore Alberto Lupo !

Grand écart

Samedi 3 février 2007

Hier au retour du taf, je lisais dans le train au-dessus de l’épaule d’un de mes congénères, la Une du Figaro qui disait en substance : “Les Français jugent la campagne électorale de mauvaise qualité”. Sondage à l’appui.

Pour en savoir plus, sitôt rentré à la maison, je me connecte sur le site dudit journal. Et là, en manchette, je découvre un truc sur les dernières saloperies mises en ligne sur Dailymotion par des sarkozystes contre Royal, à moins que ce ne soit l’inverse. Je m’aventure dans la page “Présidentielle 2007″ et je trouve “Exclusif : suivez la course aux signatures des candidats”, avec une infographie, genre course de chevaux. Ah oui, un excellent papier très pertinent aussi sur Alexandre Jardin qui se mêle de la campagne en lançant son site Internet. Et puis un article sur Royal qui tracasse les éléphants en abandonnant un point du projet socialiste. Sur le fond ? Sur simplement ce qu’est la gauche par rapport à la droite, s’il y a un nouveau centre, sur ce que la gauche peut encore promettre, sur ce que la droite peut devenir… Rien.

Si les Français jugent la campagne de mauvaise qualité, est-ce uniquement à cause des candidats, ou bien, un peu, aussi, à cause de ce qu’on essaie régulièrement de faire de cette campagne à chaque échéance : c’est-à-dire une espèce de simple intervillade rigolote où tous les coups sont permis, des jeux quinquennaux et festifs pour lesquels les chaînes bousculent leur grille et les journaux leur maquette afin de comptabiliser les médailles des embrouilles, des petites phrases, des enfoirades en tout genre ?

On est quand même le 2 février…

Vendredi 2 février 2007

Les gars, va peut-être falloir enlever des illuminations dans l’avenue, maintenant… :roll:

Avenue

Ou bien on tient jusqu’à Pâques ?

(Photo pourrie à la webcam, mais E. est parti avec l’appareil photo (pour prendre des photos de la Croisette :xdevil: ))