Archive pour juin 2008

EPS SS

Dimanche 29 juin 2008

Sapristi. 21h. Je m’étais promis de faire au moins un post ce week-end. Oui mais sûr quoi ? Ma machine à laver qui est tombée en rade et la joie de retrouver l’ambiance moite d’un lavomatic ? Pas très bandant ça, coco, c’est bon pour un 15 août…

La finale de l’euro ? Euh, mais c’était pas y’a deux semaines ? C’est Nadal qui a gagné je crois ?

La gay pride ? Très sympa, même si je maintiens que ça manquait de mecs en slip. En même temps, c’est pardonné, car j’étais particulièrement sensible au mot d’ordre, cette année. Lutter contre l’homophobie à l’école, ça c’est du beau combat. Si on parvient à glisser au moins quelques bribes de questionnement entre les os du crâne des blancs-becs avant qu’ils ne se soudent définitivement sur d’indéboulonnables clichés, c’est tout bénéf.

Il y a quelques années, j’entendais le ministère de l’Education expliquer qu’il n’y avait pas de sensibilisation à l’homosexualité dans les écoles, car il n’y avait pas non plus de sensibilisation à l’hétérosexualité. Je me souviens de cette fadaise, tellement je l’avais trouvée énorme. Pas de cours d’hétérosexualité ? Mon cul ! En maths ou en français, peut-être pas, mais à chaque heure de sport on apprenait assez clairement ce qui distinguaient les vrais mecs et les fiotes. Tout comme les filles apprenaient assez vite le bel avenir qu’elles auraient dans l’hétérosexualité, selon les sourires baveux que leur adressait, ou non, toute la clique de profs de sports.

Il m’a toujours semblé qu’il y avait derrière les cours de sport la consigne secrète d’affermir ces messieurs, et d’assouplir ces dames, pour le plus grand bonheur de l’espèce. Sûr que c’étaient pas Beauvoir ou Michel Foucault, les pédagogues de ces torturantes sélections d’équipiers, où les vrais mecs reconnus comme tels, avaient le droit de choisir, par ordre débilitant, ceux qu’ils estimaient leurs pairs.

Voilà comment des générations de garçons sensibles ont comme moi esquivé autant qu’ils pouvaient l’Alcatraz de l’EPS. Alors que c’était pas très compliqué. Il aurait suffit que M. Evrard, de retour du bistro, m’explique d’un air bienveillant bien que couperosé que si je voulais niquer un max de mecs avant d’avoir trente ans, il fallait que je prenne soin de mon corps dès à présent. Là je me serais peut-être un peu plus bougé les fesses !

Bref, vive la gay pride, et vive la lutte contre l’homophobie à l’école, et sus aux profs de sports hétérocentristes dont le survêtement cache aussi mal la bedaine que l’étroitesse d’esprit !

Ah ben voilà ! :beer:

Briciole (11)

Mercredi 25 juin 2008

1) Désolé, désolé, mille fois désolé : c’est vrai, ici j’ai cru que la dame à la crinière de lionne était Annie Poirel. Mais c’est pas ma faute, pour moi Annie Poirel, c’est un concept, c’est la dame gentille à la télé, celle comme ma maman, mais en mieux habillée ! Et puis, ce dont je me souvenais le plus c’était cette histoire de 56ème étage. Ou bien elle l’a repris à Annie Poirel, ou bien Annie Poirel n’a jamais dit ça. Merci en tout cas Nicolas.

2) Ce qui est bien, quand on écrit des posts sur les marronniers du journalisme, c’est qu’on peut les ressortir en même temps que les marronniers du journalisme. Comme ce post sur les soldes. Ben là c’est pareil, sauf que c’est pas l’automne qui fut trop doux, mais le printemps qui fut trop frais. Et si on inversait les collections ?

3) Je ne suis pas mécontent d’avoir jeté mon dévolu sur l’intello en pyjama. Parce qu’en creusant un peu, je pense que le photographe promet plus qu’il ne tient. Effectivement, ici :

il est encore assez incandescent. Mais ici :

et dans l’animation qui va avec, je trouve qu’il fait un peu bénêt. Vous avez raison de penser qu’il faut être un peu cinglé pour écrire des choses pareilles.

4) Dans cette interview de Jacques Attali, le type de Marianne 2 veut dire qu’avant d’être journaliste, il a travaillé dans une entreprise, dans le business, quoi. Pour le signaler, il dit “j’ai aussi travaillé dans le privé”, et Attali lui fait remarquer que c’est toujours le cas. C’est amusant, parce que ça m’arrive souvent de commettre le même lapsus, pour parler de mon expérience dans la banque, et le monde de l’entreprise-business en général. Et c’est interessant, car ça dit bien l’état d’esprit de la plupart des journalistes qui doivent tous les jours, en économie du moins, décrire un monde qu’ils considèrent comme différent du leur.

Roulette russe

Dimanche 22 juin 2008

Il fait beau. Les rues de Paris sont calmes, samedi matin. J’arrive assez vite devant le laboratoire. 9h30 pile, l’heure d’ouverture. Je pose mon vélo contre la porte. Je n’en ai pas pour longtemps. La dame me sourit, me demande mon nom pour me remettre l’enveloppe.

De retour sur le trottoir, le grand soleil et ce pli entre les mains. Voilà, encore une fois, c’est la roulette russe. La veille, devant mes derniers symptômes, le toubib a fixé les règles d’un nouveau pile ou face, avant de m’envoyer à la prise de sang. Si c’est pile, pas de doute, c’est la maladie, celle qu’on suppose depuis des semaines mais qui se dérobe aux diagnostics. Si c’est face, il est possible, encore, que ce ne soit pas la maladie.

Voilà. Un trottoir, du soleil, une enveloppe. Je suis seul et encore une fois je joue à la tombola de la vie. Tout se joue là, dans Paris qui se moque pas mal qu’une vie bascule sur un de ses trottoirs. Alors j’ouvre. Vite, vite, vite. Vitesse de sédimentation. Normale. C’est face. Ce n’est pas encore forcément la maladie. J’ai soupiré. J’ai souri.

C’est presque drôle, finalement, d’observer mon corps se moquer gentiment du toubib. Je le vois bien, derrière son bureau, qui voudrait que tout rentre mieux dans les cases. C’est presque drôle, mais malheureusement ça ressemble de plus en plus à un baroud d’honneur, à quelques dernières pirouettes pour le beau geste.

J’essaie encore, de toutes mes forces, de croire qu’il ne s’agit là que de symptômes isolés, mais j’admets que ces coïncidences ont fendu mon bel optimisme. Dans la rue, en soirée ou en pleine vaisselle, l’idée de ce qui peut m’arriver me saisit et me fauche les jambes. Je tombe de trouille, de trouille bleue, de peur panique. Bien sûr ce n’est pas mortel, juste une de ces sales maladies qui pourrissent la vie pour le reste de ses jours. J’ai peur d’admettre que ma vie pourrait basculer, avec la féroce inexorabilité des choses de la vie. Personne à supplier, personne à implorer pour obtenir la clémence.

J’ai peur d’avoir à vivre ça. Je ne suis pas spécialement un veinard, et lors de la prochaine partie de roulette russe, n’y eut-il qu’une balle dans le barillet, je redoute qu’elle soit pour moi.

La tête ou les jambes ?

Jeudi 19 juin 2008

Alors quoi ? Ça hystérise sous les abribus et dans les couloirs du métro dès qu’on respire la fougue de ce photographe ténébreux ?

Démentez pas, j’ai les noms.

Ayant la chance de ne pas trop avoir à prendre le métro, je suis resté assez peu concerné par ces phénomènes hormonaux.

En revanche, sur le chemin qui me conduit à ma station vélib, j’ai les paupières qui palpitent à la vue de ce type en pyjama dans la vitrine de la pharmacie. Et voilà que je le retrouve dans les pages d’un magazine…

Arf…

C’est beaucoup plus mon genre, voyez-vous. Avec le premier, je redoute les plans week-end à VTT et parapente dans les Alpes. Le second me semble plus amateur de longues discussions philosophico-poétiques (si si y’a des livres derrière dans la bibliothèque)…

Mais bon, ce n’est qu’une impression…

Râleries

Mardi 17 juin 2008

Il y a quelques semaines, je m’étais un peu étranglé en lisant la manchette de la Tribune, qui disait quelque chose comme “60% des Français pessimistes sur l’économie”. Ça me paraissait tellement creux, insondablement vide, cette analyse de la conjoncture au doigt mouillé. S’en remettre à ce point à l’opinion sur tous les sujets. Ah mais attention ! C’est scientifiquement pondéré ! Quatorze agriculteurs, douze cadres supérieurs, huit femmes au foyer de plus de 30 ans ont donné leur avis. Prière de respecter le résultat de cette savante mixture ! Je voulais déblatérer sur le sujet, et puis j’ai laissé tomber.

Et puis aujourd’hui, je tombe sur ce sondage extrêmement troublant du Figaro : “Pensez-vous que l’usage du portable puisse être mauvais pour la santé ?”. A l’heure où j’écris, ils sont 86% à penser que oui. La belle affaire ! On pourrait aussi leur demander “Combien d’années de pétrole nous reste-t-il ?” Ça rendrait service à Total et aux pétro-monarchies !

Tout confondu par cette nouvelle débilité, je me prends le coup de grâce sur le coin de la trombine : l’Express est formel : “45 % des Français pensent qu’on pourra tomber amoureux d’une personne virtuelle en 2055.” Alors là, c’est le pompon ! Enfin non, pas tout à fait, le pompon vient juste après : “Les 18-24 ans sont même 62 % à juger possible d’être séduit par un avatar.” Pincez-moi ! Je rêve ! Et encore, si tout cela était traité avec un peu d’humour ! Mais non, pas du tout, c’est de la niouze, de la vraie de vraie, coco !

Enfin, pour moi qui me fait toujours un plaisir de voir à quel point l’homme du 21ème siècle n’est pas bien différent de celui du 1er, c’est toujours réjouissant. Car entre ces sondages débiles et l’analyse des boyaux d’un poulet mort, je trouve qu’il n’y a pas beaucoup de différence…

J’allais dire : il faudrait quand même que tout cela soit un peu plus scientifique. Mais quand je vois ce que l’on pond dans les laboratoires : “Le cerveau des homos ressemblerait à celui des hétéros du sexe opposé”, oh la la, j’abandonne !

Au 56ème étage

Dimanche 15 juin 2008

J’ai retrouvé ici la note où je râlais contre cette saleté d’Internet qui ne servait à rien si on ne pouvait pas y retrouver une vidéo du tirage du loto présenté par Annie Poirel, “en direct de la tour Maine-Montparnasse”.

Du coup j’ai fait une nouvelle recherche et ça y est ! Je l’ai trouvé !



Par contre, toujours pas de traces des lunettes déshabillantes d’Athena… A suivre…

Psychopathe (2)

Vendredi 13 juin 2008

Si ça peut vous rassurer, je m’inquiète moi-même.

« Picture this ! », comme dirait Sophia dans les Golden Girls. Vendredi au bureau. Ennui. Torpeur. Corps flippé de végéter encore ce week-end dans la cambrousse familiale. Mes hormones sont pas contentes. Elles manifestent. Elles en appellent aux souvenirs. Me poussent à passer en revue les glorieux soldats de mon armée des ombres.

Tiens, je repense à lui. Joli garçon. Très belle alchimie. Et quelques mots échangés après, notamment pour apprendre qu’ « il ne faisait pas ça souvent », seulement sa copine était en week-end chez ses parents, et il en profitait pour se faire plaisir. Mon premier hétéro ! « Tu comprends bien que je ne peux pas te donner un numéro » me dit-il. J’ai juste pu glaner son prénom, et la ville de banlieue où il fait son stage de médecine.

Ah ouais ? Pas de numéro ? Tu vas voir mon lapin. C’est le moment de prendre ma revanche et d’occuper mes dernières heures de boulot. Hop, je fais chauffer Google. Prénom, ville, stage dans le mixer. Je croise, j’entrecroise. Deux minutes et vlan : un nom, une adresse professionnelle, un email et un numéro de portable. Je coupe et je recoupe. Une date de naissance. Ça colle. Je tire la ficelle. Pas de doute, c’est lui, j’en suis sûr. Trop facile.

Bon ça va, je lâche l’affaire. C’était juste pour m’occuper. Je suis pour la paix des ménages ! Pas de petit texto démoniaque genre « souviens-toi (comme tu faisais ta chienne en) avril dernier, signé X.». Mais c’est fou à quel point on est devenu traçable sur le web. Et le peu qu’on veut bien lâcher dans ces circonstances interlopes est déjà largement suffisant pour des semi-maniaques comme moi.

Note pour plus tard : penser à m’auto-chercher pour vérifier jusqu’où je peux aller en confidences sur moi-même.

Sur ce, je m’en vais à genoux accomplir mon pieux devoir filial.

(Psychopathie précédente…)

La trinité

Mardi 10 juin 2008

Tous les anges m’en sont témoins. J’ai bien tenté de la décrocher, cette foutue sainte-trinité. Le job, l’appart, le mec. J’ai bien tenté par tous les moyens de provoquer un jour cette acrobatique conjonction. J’ai bien cru que c’était mon unique raison de vivre : tenir un jour à bout de bras l’homme idéal, le boulot rêvé, et sur le bout du nez un toit et quatre murs à moi. Et ensuite ? ça je n’y avais pas trop pensé. Peut-être jongler comme une otarie avec ses deux cerceaux et son ballon jusqu’à la fin des temps, la trouille au ventre à l’idée de perdre l’un de ces instruments.

La trinité, il y a bien deux ou trois moments où il m’a semblé l’avoir saisie. C’est fugace, ça ne dure pas longtemps. En tout cas, ça reste assez discret. Avec tout le mal qu’on se donne pour rassembler les trois diamants, on pourrait avoir droit à un petit spectacle le jour où ça arrive. Un rayon de pleine lune qui perce les nuages, et désigne l’endroit où il faut creuser pour avoir encore plus de bonheur. Un truc comme ça. Même pas.

Alors, doucement, je prends mes distances avec le dogme. La trinité, mon cul. Mon premier boulot était celui que j’aurais voulu garder toujours. J’ai vu qu’on pouvait tout perdre en quelques semaines, et qu’il n’y avait rien à faire, sauf à partir de soi-même si l’on voulait garder un peu de fierté. Aujourd’hui, l’idée d’enchaîner les jobs tous les dix-huit mois ne m’effraie plus. E. était le garçon avec qui j’aurais voulu vivre toujours. J’ai vu que tout ce qu’on pensait avoir construit au mortier de l’amour pouvait être simplement anéanti en trois semaines. Aujourd’hui je veux bien concevoir de partager des bouts de ma vie avec l’un, et puis l’autre, et puis ceux qui voudront encore faire le chemin avec moi. Et finalement cet appartement que nous avons conçu de nos mains, aujourd’hui je le cèderais sans scrupule à celui qui me proposerait simplement autre chose. Tiens, un petit coin de balcon au soleil.

J’ai toujours peur que tout s’effondre, confiai-je l’autre jour à mon psy. Les ponts, les immeubles, ma vie. Ne sachant pas fondamentalement comment tout cela tient debout, je passe mon temps à redouter que tout cela ne tombe. “Et alors ?” me répondit-il, à moi qui espérait de toutes mes forces entendre que rien ne pouvait jamais s’écrouler. “Tous les jours, partout, des choses s’effondrent. Et on les reconstruit. Et finalement ça va, non ?” Parfois les évidences balancent des baffes inattendues. Qui finalement rendent un peu plus léger, un peu plus libre.

D’ailleurs à partir de ce jour, déjà presque apostat au culte trinitaire, j’abandonnais un peu plus l’idée de conformer ma vie à celle d’une otarie dévote.

(enfin… je crois…)

Ma première fois avec Phil

Mercredi 4 juin 2008

Si je parlais d’autre chose que de mon sang chaud ? Je pourrais par exemple parler de fromage frais.

Non mais ils savent plus quoi en faire en Ritalie pour vendre leur Saint-Moret. Enfin le Philadelphia, ce truc que j’ai mangé aussi en Allemagne et en Espagne, mais qui ne se trouve pas trop en france me semble-t-il.

Phil

Alors le concept, c’est Phil, qui cherche la femme de sa vie, qui minaude comme c’est pas permis, et qui propose de faire connaissance à travers un messenger bidon et un test caliente.

Bon, cherchez pas, je lui ai demandé s’il était gay, ce à quoi il répond “non, je cherche la femme de ma vie”. Et quand je lui demande s’il aime la bite, il me dit que ce qu’il aime vraiment, c’est Philadelphia Light. Bref, un dialogue de sourd.

Mais si vous creusez un peu, il fait un strip dans une des rubriques. Pas très à l’aise, d’ailleurs.

Marketing, quand tu nous tiens.

www.primavoltaconphil.it

Crypto-post

Mercredi 4 juin 2008

Bon. Compliqué tout ça. Faut que je rassemble un peu mes esprits.

Je ne sais pas ce que devient le prince des collines. Et finalement je m’en fous. J’ai préféré repartir avec ma cagnotte. Je n’avais plus envie de jouer. Si un mec rencontré en boîte à cul avait retourné le web pour retrouver mon téléphone sur la base d’un prénom et d’un job, je pense que j’aurais fait preuve d’un peu plus de curiosité pour connaître ce doux dingue. Lui non. Je n’allais pas supplier.

Pas facile d’écrire en sachant que certains ont la clé pour lire entre les lignes. C’est toute la subtilité de la deuxième époque de ces pages. En même temps, je n’ai pas la force de m’étaler. J’ai seulement passé un week-end terriblement reconstructeur. Avec des types adorables, à profiter de Paris, à être dehors, dedans, ailleurs, ensemble. A profiter. Et puis, avec ce type adorable en particulier, qui m’a redonné confiance, même si je devrais lui en vouloir de m’avoir remis des clopes au bec, et de m’avoir fait perdre un micro bout de dent, mais un bout de dent quand même, dans un contact un peu trop viril. Je me suis rendu compte qu’on pouvait faire le mariole sur des lits à partouzes, et bafouiller encore lorsqu’il s’agit de se dévoiler un peu. Je me suis souvenu que j’avais un cœur.

Alors bien sûr, il fallait qu’il ait à faire aux antipodes. Sans cela, c’eût été beaucoup trop commun. Mais qu’importe.

En tout cas, ce soir, en rentrant, j’ai enfin trouvé la force d’arracher l’étiquette sur la boîte aux lettres, où le nom de E. figurait encore à côté du mien. C’est bien fini. Je crois que j’ai retrouvé au fond de moi la force d’être heureux sans lui.