Je crains que le billet que je m’apprête à écrire ne m’exclue de manière irrévocable d’un certains nombres de dîners intellectuels, en me faisant passer définitivement pour une dinde. Mais voilà : les signes astrologiques, ça m’interpelle, quelque part.
Enfin, attention : je ne parle pas de l’horoscope dans Télé 7 jours. Ni des prévisions pour l’année prochaine, quand Mars sera dans la huitième maison, période favorable aux gains d’argents et à la repousse des cheveux. C’est pas ça. Mais disons que le profil psychologique dessiné pour chaque signe me paraît souvent correspondre à la réalité du tempérament des personnes que je croise. Et du mien, en premier lieu. Car c’est de là que tout est parti. Tout ce que j’ai pu lire des scorpions m’est souvent apparu comme incroyablement proche de ce que je vivais. Et quand je dis incroyablement, c’est incroyablement. Pas forcément sur le côté social ou amoureux, pas sur la surface, mais surtout sur le côté obscur, tous ces trucs qui me remuent le ventre depuis que je suis môme. A tel point que j’ai souvent ressenti de la gêne, à lire ces portraitistes anonymes qui faisait une description si précise de ce qui me semblait bien hermétiquement enfoui au fond de moi. A tel point, aussi, que si quelqu’un me demandait de me décrire intimement, je pourrais lui conseiller de lire ces choses, sans avoir peur d’être trahi.
J’ai retrouvé ce week-end un petit livre qu’on avait dû m’offrir il y a quelques années sur mon signe. J’y lis ceci (je donne juste ce passage, le reste est vrai aussi mais beaucoup plus flippant !)
“On voit apparaître chez lui des états anxieux faits de l’attente d’une menace occulte. Hantise de la faute, de la punition, du malheur, l’angoissé se sent condamné avec une obscure mauvaise conscience ; la peur est étroitement associée au désir, et l’ambivalence revient à nouveau autour des idées de châtiments et de purification, de damnation et de rédemption. Le terrain du scorpion est propice au complexe de culpabilité avec l’autopunition consécutive. Quand l’angoisse devient intolérable, l’être fait tous les efforts pour s’en débarrasser. Une conversion somatique sous l’aspect d’une maladie organique en est parfois la cristallisation. Sinon c’est la phobie inhibitrice, la névrose obsessionnelle. Assailli et poursuivi sans relâche par son idée absurde, en proie à son doute ou à son scrupule obsédant, véritable démon intérieur, l’être tente alors de conjurer le malin qui le possède, d’annuler la faute inconnue qui le tourmente par un cérémonial magique de purification.”
Ben si j’avais retrouvé ce passage plus tôt, je n’aurais eu qu’à le tendre à mon psy qui me demandait ce qui m’amenait chez lui.
Cela dit, je ne suis pas dépourvu d’un peu d’esprit critique. L’idée que le rayon du soleil qui darda mes langes depuis la constellation du scorpion en ce jour de novembre soit à l’origine de tout ça me paraît compliquée à avaler. Par contre, je me suis souvent demandé si tout cela n’était pas simplement lié aux premières sensations ressenties par le nouveau né. La lumière, la chaleur, ou même à l’état d’esprit des personnes qui l’entourent dans les premières semaines, peuvent-ils imprimer pour toute la vie un certain rapport au monde ? Du coup, il faudrait mener l’enquête aux antipodes pour savoir si le scorpion australien ressent les mêmes choses que l’Européen.
Dès que je la croise, j’en parle à Françoise (Hardy) !