Archive pour août 2008

Supervielle

Mardi 26 août 2008

Toujours en ordonnant ma bibliothèque, je tombe sur les Débarcadères, et je retrouve cette strophe, que j’ai toujours beaucoup aimée, pour son rythme et son dépaysement.

(…)
Et comme un éclatant abrégé des saisons,
Mon coeur découvre en soi tropiques et banquises
Voyageant d’île en cap et de port en surprise
Il démêle un intime écheveau d’horizons.

Je devrais repartir…

Douceur

Dimanche 24 août 2008

En mars, en avril, viennent les premières journées qui annoncent que le meilleur est devant soi : la chaleur, les longues journées de soleil, le bureau qui tourne au ralenti. Et puis, fin août, comme ce week-end, viennent les premières journées de grisailles. Pas la grisaille lourde d’un jour d’orage, mais la grisaille basse, fraîche, venteuse et pluvieuse. Et puis le soir qui tombe drôlement vite. Ces journées qui annoncent la fin de l’été, la fin du festival, en somme.

Ce fut un bel été, vraiment, un très bel été.

Scorpion ascendant scorpion

Dimanche 24 août 2008

Je crains que le billet que je m’apprête à écrire ne m’exclue de manière irrévocable d’un certains nombres de dîners intellectuels, en me faisant passer définitivement pour une dinde. Mais voilà : les signes astrologiques, ça m’interpelle, quelque part.

Enfin, attention : je ne parle pas de l’horoscope dans Télé 7 jours. Ni des prévisions pour l’année prochaine, quand Mars sera dans la huitième maison, période favorable aux gains d’argents et à la repousse des cheveux. C’est pas ça. Mais disons que le profil psychologique dessiné pour chaque signe me paraît souvent correspondre à la réalité du tempérament des personnes que je croise. Et du mien, en premier lieu. Car c’est de là que tout est parti. Tout ce que j’ai pu lire des scorpions m’est souvent apparu comme incroyablement proche de ce que je vivais. Et quand je dis incroyablement, c’est incroyablement. Pas forcément sur le côté social ou amoureux, pas sur la surface, mais surtout sur le côté obscur, tous ces trucs qui me remuent le ventre depuis que je suis môme. A tel point que j’ai souvent ressenti de la gêne, à lire ces portraitistes anonymes qui faisait une description si précise de ce qui me semblait bien hermétiquement enfoui au fond de moi. A tel point, aussi, que si quelqu’un me demandait de me décrire intimement, je pourrais lui conseiller de lire ces choses, sans avoir peur d’être trahi.

J’ai retrouvé ce week-end un petit livre qu’on avait dû m’offrir il y a quelques années sur mon signe. J’y lis ceci (je donne juste ce passage, le reste est vrai aussi mais beaucoup plus flippant !)

“On voit apparaître chez lui des états anxieux faits de l’attente d’une menace occulte. Hantise de la faute, de la punition, du malheur, l’angoissé se sent condamné avec une obscure mauvaise conscience ; la peur est étroitement associée au désir, et l’ambivalence revient à nouveau autour des idées de châtiments et de purification, de damnation et de rédemption. Le terrain du scorpion est propice au complexe de culpabilité avec l’autopunition consécutive. Quand l’angoisse devient intolérable, l’être fait tous les efforts pour s’en débarrasser. Une conversion somatique sous l’aspect d’une maladie organique en est parfois la cristallisation. Sinon c’est la phobie inhibitrice, la névrose obsessionnelle. Assailli et poursuivi sans relâche par son idée absurde, en proie à son doute ou à son scrupule obsédant, véritable démon intérieur, l’être tente alors de conjurer le malin qui le possède, d’annuler la faute inconnue qui le tourmente par un cérémonial magique de purification.”

Ben si j’avais retrouvé ce passage plus tôt, je n’aurais eu qu’à le tendre à mon psy qui me demandait ce qui m’amenait chez lui.

Cela dit, je ne suis pas dépourvu d’un peu d’esprit critique. L’idée que le rayon du soleil qui darda mes langes depuis la constellation du scorpion en ce jour de novembre soit à l’origine de tout ça me paraît compliquée à avaler. Par contre, je me suis souvent demandé si tout cela n’était pas simplement lié aux premières sensations ressenties par le nouveau né. La lumière, la chaleur, ou même à l’état d’esprit des personnes qui l’entourent dans les premières semaines, peuvent-ils imprimer pour toute la vie un certain rapport au monde ? Du coup, il faudrait mener l’enquête aux antipodes pour savoir si le scorpion australien ressent les mêmes choses que l’Européen.

Dès que je la croise, j’en parle à Françoise (Hardy) !

Fuoco, acqua, elettricità…

Mardi 19 août 2008

Une chose que j’aime bien, lorsque je vais en Italie : retrouver au grand jour, au grand air, toutes les petites choses découvertes chez moi, et connues dans l’intimité étroite de mon petit appartement.

Par exemple, la varièt’ italienne. Chez moi, je jette de temps en temps une oreille curieuse sur Internet pour savoir ce qui se fredonne de l’autre côté des Alpes. Par exemple, depuis quelques mois, j’ai jeté mon dévolu sur Jovanotti, dont je connais pas mal de titres à force de les chanter sous la douche.

Et, ce soir-là, alors que nous roulions fenêtres ouvertes vers le centre de Portovenere, j’entends au loin la voix hésitante d’un chanteur de bal, qui reprenait, pour la petite assemblée réunie sous des spots crus, le fameux « A te », de Jovanotti, ballade sucrée et rauque qui a fait fondre les Italiens ces derniers mois. Et bien sûr, les paroles me sont venues aux lèvres, comme nous viennent mécaniquement celles de n’importe quelles chansons de Balavoine entendues dans un rade pourri ou au supermarché.

Mais dans la voiture, j’étais le seul à qui cette musique disait tant de choses, puisque je l’avais écoutée en boucle à un moment bien précis de ma vie, il y a quelques semaines. C’est tout un petit bout de film de ma vie et sa bande originale, connu de moi seul, qui résonnait là, si fort, au grand air, époumoné par un chanteur de charme dans ce coin de la Baie des poètes. J’aime bien ça, cette sensation de dépossession.

Portovenere
Mais c’est un peu même chose quand j’entends Tiromancino dans une station service, ou Modà dans un supermarché.

Ou encore quand dans la voiture, à l’écoute de Radio Italia, nous tombons encore et encore sur le dernier morceau de Jovanotti, tube de l’été dont je confie quelques bribes de texte à mes covoituriers afin que l’on puisse s’époumoner et en faire un peu la chanson de ces vacances… Attention, à 2′53 : “Fuoco, acqua, elettricità !”

Changeons d’ambiance…

Lundi 18 août 2008

C’est ça qui m’est venu en tête en premier ! Ça peut s’analyser ?

Indigestion

Dimanche 17 août 2008

C’est une cogitation récurrente en moi, qui s’impose encore plus depuis que mon niveau de somatisation atteint des sommets. Est-ce que je retiens ma violence ? Est-ce qu’à force d’avoir peur de l’exprimer je finis par la retourner contre moi ?

J’ai horreur de me dire “allez, c’est pas si grave” ou “de toutes façons, ça ne changera rien”. Je sais que derrière ces formules se cachent souvent des résignations contre soi, des constipations d’énergie, à cause d’une peur diffuse, le plus souvent, d’aller à l’affrontement, ou de vagues et fumeuses conséquences dont je n’ai pas idée mais qui menacent d’être terribles. Pour faire bonne figure, face à soi ou aux autres, on déguise ces craintes en magnanimité, on déclare préférer prendre de la hauteur. Mon cul.

J’en étais à peu près là hier, en envoyant ce énième dernier mail en réponse à E. pour lui dire de ne plus penser à moi, que tout était vraiment fini. Alors qu’il énumérait dans son énième mail de conclusion les bons moments que nous avions passés, pour m’en remercier et me dire qu’il ne les oublierait pas, je bouillais contradictoirement. Parce que moi j’avais envie d’énumérer les sales moments, j’avais envie de lui dire à quel point j’en voulais à son inconstance d’avoir tout saccagé, et d’avoir écrit ce scénario si pourri.

J’aurais pu faire ce long mail de récriminations et de reproches gratuits, ne serait-ce que pour me soulager. Je ne l’ai pas fait. Je me suis dit qu’il valait mieux en finir vite plutôt que rengager des débats stériles. Magnanimité contre colère. Est-ce encore de la violence mal digérée ? Me suis-je menti ? Je regrette parfois de n’être pas plus instinctif. Mon corps en sait quelque chose.

Straightdar

Jeudi 14 août 2008

Je n’ai pas toujours un gaydar ultrafiable. Le relâchement des moeurs hétéros brouille de plus en plus les pistes. C’est ce que je me disais dans mon parc nancéien, pensif devant l’Apollon du belvédère allongé devant moi sur la pelouse, sans autre vêtement que son boxer et une espèce de chapelet à grosses perles de bois, livrant au soleil tous les reliefs de son torse et de ses jambes. Bordel, fut un temps c’était du 95% de probabilité !

Et puis il sort un journal. Si c’est Le Monde, pourquoi pas. Si c’est Libé, ça devient plus crédible encore. Si c’est Le figaro, bah, ça s’est vu aussi. Mais c’est l’Equipe. Et là, quand c’est l’Equipe, c’est pour moi tout à fait éliminatoire, comme les Italiens gominés qui trainent sous le bras la Gazzetta dello sport.

D’où cette seconde interrogation, substituée à la première sur le gazon brûlant : à défaut de marqueurs de très probable gaytitude, y’a-t-il des marqueurs de presque certaine hétérosexualité ? Et la lecture de l’Equipe en fait-elle partie ?

Le plaisir de cette docte cogitation s’est doublé de celui d’avoir trouvé là une idée de billet participatif fort à propos pour l’été. Celui là même que j’achève ici, avec tout l’ampoulement que je m’autorise quelques fois, et que certains se plaisent à railler au bar du Murano.

Relooking extrême

Mercredi 13 août 2008

Je sais bien qu’à Aulihoude ils ont des salles de muscu, je veux dire des gyms, ultra sophistiqués avec des coachs qui assurent, mais je me demande comment Gyllenhaal a pu passer de ça :

A ça :

C’est-à-dire ça :

Parce que moi, après un an de Club Med Gym, ça fait pas du tout pareil…

Ciao, ciao

Lundi 11 août 2008

Ben voilà… c’était quand même un peu court… J’écoute radio italia pour faire un sevrage en douceur, mais c’est quand même pas pareil sur l’ordi et dans la voiture vers Riomaggiore ou Sienne…