Archive pour octobre 2008

Faille géographique

Mercredi 22 octobre 2008

Je sors tranquillement du bureau pour rejoindre ma station vélib. En passant devant le bar qui fait l’angle, une affichette me fait un drôle d’effet. Je connais cette tête, mais c’est curieux de la voir là. Euh, une seconde. On est où là ? A Rome, à Naples, à Florence ?

Vu le temps pourri, on est bien à Paris. Alors qu’est-ce que la tête de Jovanotti fout là ?

En concert à l’Elysée-Montmartre… C’est marrant ça, je me demande bien quel genre de public parisien peut aller à ce genre de concert. En tout cas, il risque d’y avoir de l’Italien au mètre carré…

Dim dam dém

Jeudi 16 octobre 2008

Arf, désolé, certains des tout derniers commentaires sont passés à la trappe dans une purge du spam…

Sinon, il faut quand même que j’écrive un petit mot pour dire que j’ai démissionné aujourd’hui. Je ne pourrais plus faire de grandes tirades lyriques sur le sujet, parce que je commence à savoir comment ça se passe. Ce matin, j’ai juste repris ma lettre de l’année dernière, changé le nom, la date, la fonction, et hop, en voiture simone. Oui oui je sais j’étais un bon élément, oui on me regrettera oui oui, on est désolé de n’avoir rien vu, allez c’est bien, tu peux signer là s’il te plait, faut que j’envoie fissa aux RH, et j’ai un solde de tout compte à calculer, moi.

C’est marrant comme le moment de la démission est celui où les boss confient leurs états d’âme. Disent que vraiment, et sincèrement semble-il, ils vous aimaient beaucoup. Souvent, il suffirait qu’ils en disent le millième de temps en temps pour que les équipes se sentent bien, et restent. Mais ils en sont incapables. C’est fou, et c’est bien con.

C’est marrant aussi comme autour de moi on m’a dit : pas trop peur d’aller voir ton boss ? Tu as dû flipper de lui présenter ta dém ! J’ai remarqué ça aujourd’hui, lorsqu’on me l’a dit pour la troisième fois. Ç’est drôle ce que ça veut dire sur les relations que l’on entretient avec le travail, au point de se sentir coupable ou ingrat lorsqu’on va seulement dire à son boss qu’on pense avoir d’autres choses à vivre, voire de lui dire simplement merde. On a le droit de dire merde, merde ! On ne risque pas la fessée !

Allez, on continue l’aventure.

Y’a de la gêne

Mardi 7 octobre 2008

Ah ce que je peux détester toute la tripotée de pisse-vinaigres qui se croient obligés de sanctionner toutes les informations des journaux en ligne par la fatuité de leurs commentaires.

Dès que je parcours un article, sur Le Monde, sur Libé, sur Le Figaro, je le sens là, tout en bas, le chœur des pleureuses, qui se lamentent et se marchent dessus pour faire entendre leurs gémissements, comme les damnés dans la fosse des enfers. Tout au fond du Tartare, les spectres se battent pour expectorer leurs aigreurs, leurs psychoses, leurs frustrations de n’être pas entendus des vivants comme ils pensent le mériter, leurs mots d’esprit refroidis, leurs cynismes de cloaques.

Ah ! La barbe ! Vos gueules ! On entend que vous ! C’est vrai quoi.

Tout le monde, je pense, a son vieil oncle Patrick, usé par les morsures du temps, qui s’emporte à table sur n’importe quel sujet, en s’appuyant sur des raisonnements élaborés, mais aussi moisis, dans son petit crâne, voire, en cas d’alerte à la crédibilité, sur un expert de “C dans l’air”.

Eh bien les commentaires sur les sites d’infos, c’est comme un gigantesque congrès d’oncles Patrick, un symposium des gueulards. Et à table comme sur le Net, ceux qui me semble-t-il pourraient apporter des contributions intelligentes préfèrent se taire, fatigués d’avance d’avoir à mener des combats de mauvaises fois. Résultats, des mégabytes de néant de la pensée, d’éructations diverses. Berk.

D’ailleurs, si quelqu’un inventait un logiciel qui empêche l’affichage des réactions, comme les popups en d’autres temps, je crois que je serais preneur !

PS : euh, je parle des commentaires sur les sites de presse, einh, pas sur les autres sites, notamment les blogs ! :kiss:

Qui vivra verra

Jeudi 2 octobre 2008

Tiens, le dernier post date de jeudi dernier. Normal. Le jeudi soir, il est au basket, c’est l’occasion de dépoussiérer ces pages et d’y blablater un peu.

Il a raison. Dans le fond, qu’il soit entré dans ma vie ne devrait rien changer à ma façon de la raconter. D’ailleurs je ne suis pas sûr que ce soit lui la cause de ma retenue. Bien sûr, je sais que ses yeux passeront par ici, y chercheront du sens et cela me donne une nouvelle pudeur. Mais je crois surtout que j’ai du mal à raconter ce qui m’arrive. Le sens de tout cela, je ne le sais pas.

Tout a tellement changé depuis un an. Mes certitudes, mes projets, jusqu’à la relation que j’entretiens avec moi même : mon existence a fait quatorze fois le raid Gauloise, dans un sens et puis dans l’autre. Alors maintenant, comment pourrais-je poursuivre la chronique d’une vie annoncée ? Comment pourrais-je avoir la moindre idée de ce qui m’arrivera demain ? Comment le déduire de ce qui s’est passé hier ? Sauf que quelque chose a changé : ça ne me fait plus peur. Je crois que je commence à comprendre ce qu’est l’impermanence, et à m’y faire.

Alors je contemple. Je regarde avec plaisir les choses qui se mettent en place. Je croyais avoir jeté mon existence à la poubelle. Je ne pensais pas en avoir d’autres. Et puis je m’en retrouve une. Et je me prends à penser qu’elle est même plus douce et plus chaude. Comment pourrais-je théoriser cela ? En faire un élément logique dans mon système ? Je ne peux pas, et puis tant pis.

La seule chose qui compte, c’est d’être heureux.