Archive pour la catégorie ‘Ma rupture’

Deux époques

Mardi 9 septembre 2008

Effectivement, je poste moins. Et quand je poste, ça manque de densité. Même si ça provoque de profonds débats d’idée !

Il y a vraiment une différence forte entre la première et la seconde époque de ce blog. La première, c’est quand il n’y avait que moi face à l’anonymat de l’Univers. Aucun lecteur ne me connaissait, je ne connaissais aucun de mes lecteurs. Je suis très heureux d’avoir réussi à m’en tenir à cette ligne pendant deux ans. Le temps de tout dire, librement. De raconter sans honte ce que j’avais pu vivre ou ressentir à 6, 10, 15, 25 ou 30 ans. Je livrais mes sentiments à l’aveuglette d’un glory hole, si j’ose dire. :beer:

Aujourd’hui, certains me connaissent, j’en connais certains. J’y gagne au change, sans aucun doute. Mais c’est fou de voir à quel point cette simple expérience de la reconnaissance provoque une espèce d’auto-censure sociale. Avant, je ne cherchais que ma propre satisfaction, désormais, je pense chercher davantage celle de mes lecteurs.

Mince, c’est extrêmement rousseauïste voire lévinassien comme vécu, quelque part, non ?!

Indigestion

Dimanche 17 août 2008

C’est une cogitation récurrente en moi, qui s’impose encore plus depuis que mon niveau de somatisation atteint des sommets. Est-ce que je retiens ma violence ? Est-ce qu’à force d’avoir peur de l’exprimer je finis par la retourner contre moi ?

J’ai horreur de me dire “allez, c’est pas si grave” ou “de toutes façons, ça ne changera rien”. Je sais que derrière ces formules se cachent souvent des résignations contre soi, des constipations d’énergie, à cause d’une peur diffuse, le plus souvent, d’aller à l’affrontement, ou de vagues et fumeuses conséquences dont je n’ai pas idée mais qui menacent d’être terribles. Pour faire bonne figure, face à soi ou aux autres, on déguise ces craintes en magnanimité, on déclare préférer prendre de la hauteur. Mon cul.

J’en étais à peu près là hier, en envoyant ce énième dernier mail en réponse à E. pour lui dire de ne plus penser à moi, que tout était vraiment fini. Alors qu’il énumérait dans son énième mail de conclusion les bons moments que nous avions passés, pour m’en remercier et me dire qu’il ne les oublierait pas, je bouillais contradictoirement. Parce que moi j’avais envie d’énumérer les sales moments, j’avais envie de lui dire à quel point j’en voulais à son inconstance d’avoir tout saccagé, et d’avoir écrit ce scénario si pourri.

J’aurais pu faire ce long mail de récriminations et de reproches gratuits, ne serait-ce que pour me soulager. Je ne l’ai pas fait. Je me suis dit qu’il valait mieux en finir vite plutôt que rengager des débats stériles. Magnanimité contre colère. Est-ce encore de la violence mal digérée ? Me suis-je menti ? Je regrette parfois de n’être pas plus instinctif. Mon corps en sait quelque chose.

Des ruines

Mardi 15 juillet 2008

Un post intellectuel… Facile à dire… Qu’est-ce que je peux bien raconter ? Que la vie c’est de la connerie ? Ce n’est pas une idée très originale… Peut-être que mon illustration l’est un peu plus ?

Il y a quelques semaines, quand je pataugeais encore dans le bourbier de ma rupture, mon psy m’a débloqué les shakras de façon stupéfiante. Comme un ostéopathe remet en place les osselets de la colonne vertébrale. Juste en tournant légèrement ma tête, de façon à me faire voir les choses sous un angle nouveau. Le silence féroce de E. depuis tous ces mois, son absence d’explication sur son envie de partir, l’image déplorable de moi-même que tout cela me renvoyait. J’avais enfin les cartes en main pour digérer cette histoire, presque six mois après son départ.

Et puis, les mails commencent à tomber. E. redonne signe de vie. Et puis il veut me voir. Et puis il m’envoie ce message, peut-être le plus long qu’il m’ait jamais envoyé. Je n’ose pas lire entre les lignes. Je n’ose pas comprendre sur quel immense tas d’absurdité nous sommes en train de danser. Et pourtant si. E. s’est trompé, E. n’aurait pas dû partir, E. comprend à présent que le problème venait de lui, pas de notre couple. E. m’a trouvé beau, lorsqu’il m’a revu. E. m’aime toujours. E. m’a toujours aimé. E. voudrait qu’on recommence.

Est-ce que c’est assez pour bien saisir la débilité de la vie ? Faut-il que je rajoute des guirlandes ? Que je rappelle ces jours d’hiver où j’ai voulu crever, cette vie d’automate où j’ai marché, mangé et dormi sans plus très bien savoir pourquoi, et puis ce mal de ventre qui est apparu, qui m’a rongé comme un venin qu’on arrive décidément pas à digérer, jusqu’au cul, jusqu’à cette sensation de m’être fait baiser de force à tel point d’en être meurtri.

Voilà l’étendue du désastre, voilà le sac de Rome, à peine aussi belle que notre histoire. Je n’arrive même pas à lui en vouloir. Je n’arrive même pas à lui dire “à toi de morfler, gros fumier de ta race”. Je suis décidément un scorpion contrarié.

Je relis juste dans ma tête cet épilogue absurde de quatre ans d’amour. En six mois, j’ai fait tous les efforts du monde pour réduire en poussière les sentiments que j’avais pour lui. J’ai incendié tous mes souvenirs, j’ai extirpé à la lame cette idée de vie à deux qui avait fini par se confondre avec ma propre chair. Je suis allé mangé la peau de tant d’autres pour oublier le goût de la sienne. Et maintenant, devant ces ruines, on me dit que tout n’était pas perdu, qu’il restait là-dedans un trésor.

Cherchez-le si vous le voulez. Moi, ici et maintenant, je n’en ai pas le courage. Je vais un peu plus loin, me reposer.

Finalement…

Mercredi 26 mars 2008

Finalement, qu’y avait-il entre nous pour que tout s’éteigne si vite, si poliment, si définitivement ? Finalement, que vivions-nous l’un à côté de l’autre ? Qu’étions nous, l’un pour l’autre, et que sommes nous maintenant ? Des étrangers ? Tout cela pour revenir au point de départ, après un tour de circuit, reposer le pied sur le quai, là où l’on avait tout laissé, son petit bagage, ses grands espoirs ? C’est ça l’amour, un tour de circuit ?

Quand je pense à tout cela, je ne sais rien faire d’autre que jeter des points d’interrogation aux quatre vents. Car cela m’échappe, tout simplement.

Avant-goût

Lundi 24 mars 2008

Bon. Pas le tout d’ouvrir un blog. Faut nourrir la bête.

De retour du week-end pascal dans ma lorraine sibérienne où aujourd’hui les averses de grêle succédaient à celles de neige, j’avais prévu de dire que finalement, tout n’allait pas trop mal. De dire que je n’avais pas chialé depuis au moins deux semaines, et que c’était bon signe. Ben les compteurs sont repartis à zéro.

Je suis rentré à la maison, et j’ai vu qu’il était passé. Pour tout dire, je savais qu’il devait prendre ses disques, les toiles et quelques autres affaires encore. Et je me retrouve nez à nez avec de nouvelles cicatrices, à peine j’avais essayé de colmater les anciennes brèches, sur les étagères, dans le placard. Ce soir, des murs blancs, des rayonnages qui exhibent leur squelette sans chair. Partout l’absence qui hurle, le ravinement qui creuse tous ces espaces que nous avions remplis à deux. Et puis ce silence. Pas de réponse au mot que j’avais laissé sur la table.

Le plus horrible, dans toute cette histoire, c’est son silence. Depuis que nous avons décidé de nous quitter, je dirais d’un commun accord - bien qu’il était plus d’accord que moi - je suis à la fois stupéfait et consterné par la froideur clinique avec laquelle il procède à toute les étapes d’une séparation bien ordonnée. Je n’en reviens pas.