Un post intellectuel… Facile à dire… Qu’est-ce que je peux bien raconter ? Que la vie c’est de la connerie ? Ce n’est pas une idée très originale… Peut-être que mon illustration l’est un peu plus ?
Il y a quelques semaines, quand je pataugeais encore dans le bourbier de ma rupture, mon psy m’a débloqué les shakras de façon stupéfiante. Comme un ostéopathe remet en place les osselets de la colonne vertébrale. Juste en tournant légèrement ma tête, de façon à me faire voir les choses sous un angle nouveau. Le silence féroce de E. depuis tous ces mois, son absence d’explication sur son envie de partir, l’image déplorable de moi-même que tout cela me renvoyait. J’avais enfin les cartes en main pour digérer cette histoire, presque six mois après son départ.
Et puis, les mails commencent à tomber. E. redonne signe de vie. Et puis il veut me voir. Et puis il m’envoie ce message, peut-être le plus long qu’il m’ait jamais envoyé. Je n’ose pas lire entre les lignes. Je n’ose pas comprendre sur quel immense tas d’absurdité nous sommes en train de danser. Et pourtant si. E. s’est trompé, E. n’aurait pas dû partir, E. comprend à présent que le problème venait de lui, pas de notre couple. E. m’a trouvé beau, lorsqu’il m’a revu. E. m’aime toujours. E. m’a toujours aimé. E. voudrait qu’on recommence.
Est-ce que c’est assez pour bien saisir la débilité de la vie ? Faut-il que je rajoute des guirlandes ? Que je rappelle ces jours d’hiver où j’ai voulu crever, cette vie d’automate où j’ai marché, mangé et dormi sans plus très bien savoir pourquoi, et puis ce mal de ventre qui est apparu, qui m’a rongé comme un venin qu’on arrive décidément pas à digérer, jusqu’au cul, jusqu’à cette sensation de m’être fait baiser de force à tel point d’en être meurtri.
Voilà l’étendue du désastre, voilà le sac de Rome, à peine aussi belle que notre histoire. Je n’arrive même pas à lui en vouloir. Je n’arrive même pas à lui dire “à toi de morfler, gros fumier de ta race”. Je suis décidément un scorpion contrarié.
Je relis juste dans ma tête cet épilogue absurde de quatre ans d’amour. En six mois, j’ai fait tous les efforts du monde pour réduire en poussière les sentiments que j’avais pour lui. J’ai incendié tous mes souvenirs, j’ai extirpé à la lame cette idée de vie à deux qui avait fini par se confondre avec ma propre chair. Je suis allé mangé la peau de tant d’autres pour oublier le goût de la sienne. Et maintenant, devant ces ruines, on me dit que tout n’était pas perdu, qu’il restait là-dedans un trésor.
Cherchez-le si vous le voulez. Moi, ici et maintenant, je n’en ai pas le courage. Je vais un peu plus loin, me reposer.
