Archive pour la catégorie ‘Mon quotidien’

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Mardi 11 novembre 2008

J’avais bien prévu hier ce que j’écrirai aujourd’hui pour ce 11 novembre, ce trente-deuxième 11 novembre. Quelque chose comme «voilà, une nouvelle fois, le temps maussade, le vent et les feuilles mortes et les drapeaux, encore les drapeaux ». J’aurais peut-être un peu décrit ce paysage si déjà vu. Le jour abandonné par la lumière, la pierre des bâtiments qui fond son gris sur celui du ciel, et ces étoffes tricolores, appesanties par la pluie en dépit du vent, barbouillant les rues d’un terne éclat.

Et mince ! Voilà que ce matin, il faisait beau. La guigne ! En plus la journée a commencé à merveille, grâce à son petit mot qui, à la fois, me faisait savourer le présent tout en me donnant un avant-goût de l’avenir. Et puis la balade à vélo à travers Paris, sous le ciel bleu, dans les rues pleines de lumière. Autour de la Madeleine, sur la Concorde et le long du boulevard Saint-Germain, cette fois les drapeaux étaient rutilants comme un jour de victoire. Cette année, j’ai conduit avec bonheur ma rituelle revue des rues pavoisées.

(Bon, ensuite le temps a changé et il s’est mis à pleuvoir, mais ce n’est pas grave, il faisait nuit !)

Grand chelem

Jeudi 6 novembre 2008

Miracle soubirouïen ! Prodige johannique ! J’ai réussi !

Depuis un an, je décode le parcours, j’ajuste les coups de pédales, j’analyse les synchronisations des sémaphores, je paralyse du regard le piéton intrépide, je me joue des leviers de freins, je me faufile, et ce soir, ce soir… j’ai réussi le grand chelem ! Tous les feux au vert entre le bureau et chez moi ! La méga classe !

Je n’y comptais plus, puisqu’il me reste quatre jour de travail. Et c’est arrivé tout naturellement.

C’est une magnifique leçon d’espoir. Obama, à côté, c’est de la gnognotte.

Les belles choses

Lundi 3 novembre 2008

“Tu penses à quoi ?” me demande-t-il.

Il a surpris mon regard qui dépasse à peine le dossier du canapé, fixé sur lui qui s’affaire. A quoi je pense ? Je pense que je ne pensais pas qu’un garçon comme lui puisse exister.

“A rien. Enfin si, à toi”.

Dim dam dém

Jeudi 16 octobre 2008

Arf, désolé, certains des tout derniers commentaires sont passés à la trappe dans une purge du spam…

Sinon, il faut quand même que j’écrive un petit mot pour dire que j’ai démissionné aujourd’hui. Je ne pourrais plus faire de grandes tirades lyriques sur le sujet, parce que je commence à savoir comment ça se passe. Ce matin, j’ai juste repris ma lettre de l’année dernière, changé le nom, la date, la fonction, et hop, en voiture simone. Oui oui je sais j’étais un bon élément, oui on me regrettera oui oui, on est désolé de n’avoir rien vu, allez c’est bien, tu peux signer là s’il te plait, faut que j’envoie fissa aux RH, et j’ai un solde de tout compte à calculer, moi.

C’est marrant comme le moment de la démission est celui où les boss confient leurs états d’âme. Disent que vraiment, et sincèrement semble-il, ils vous aimaient beaucoup. Souvent, il suffirait qu’ils en disent le millième de temps en temps pour que les équipes se sentent bien, et restent. Mais ils en sont incapables. C’est fou, et c’est bien con.

C’est marrant aussi comme autour de moi on m’a dit : pas trop peur d’aller voir ton boss ? Tu as dû flipper de lui présenter ta dém ! J’ai remarqué ça aujourd’hui, lorsqu’on me l’a dit pour la troisième fois. Ç’est drôle ce que ça veut dire sur les relations que l’on entretient avec le travail, au point de se sentir coupable ou ingrat lorsqu’on va seulement dire à son boss qu’on pense avoir d’autres choses à vivre, voire de lui dire simplement merde. On a le droit de dire merde, merde ! On ne risque pas la fessée !

Allez, on continue l’aventure.

Qui vivra verra

Jeudi 2 octobre 2008

Tiens, le dernier post date de jeudi dernier. Normal. Le jeudi soir, il est au basket, c’est l’occasion de dépoussiérer ces pages et d’y blablater un peu.

Il a raison. Dans le fond, qu’il soit entré dans ma vie ne devrait rien changer à ma façon de la raconter. D’ailleurs je ne suis pas sûr que ce soit lui la cause de ma retenue. Bien sûr, je sais que ses yeux passeront par ici, y chercheront du sens et cela me donne une nouvelle pudeur. Mais je crois surtout que j’ai du mal à raconter ce qui m’arrive. Le sens de tout cela, je ne le sais pas.

Tout a tellement changé depuis un an. Mes certitudes, mes projets, jusqu’à la relation que j’entretiens avec moi même : mon existence a fait quatorze fois le raid Gauloise, dans un sens et puis dans l’autre. Alors maintenant, comment pourrais-je poursuivre la chronique d’une vie annoncée ? Comment pourrais-je avoir la moindre idée de ce qui m’arrivera demain ? Comment le déduire de ce qui s’est passé hier ? Sauf que quelque chose a changé : ça ne me fait plus peur. Je crois que je commence à comprendre ce qu’est l’impermanence, et à m’y faire.

Alors je contemple. Je regarde avec plaisir les choses qui se mettent en place. Je croyais avoir jeté mon existence à la poubelle. Je ne pensais pas en avoir d’autres. Et puis je m’en retrouve une. Et je me prends à penser qu’elle est même plus douce et plus chaude. Comment pourrais-je théoriser cela ? En faire un élément logique dans mon système ? Je ne peux pas, et puis tant pis.

La seule chose qui compte, c’est d’être heureux.

Râlerie pour de rire

Jeudi 25 septembre 2008

Désolé, quand je manque de temps pour poster, la seule motivation qui me reste est souvent la râlerie.

N’empêche que je me demande parfois si on ne devrait pas empêcher aussi les hétéros d’avoir des enfants. Bien fait pour eux, tiens. Je me faisais cette réflexion dans la salle d’attente du médecin, en feuilletant Elle, et une passionnante interview de Laurence Ferrari.

De mémoire, le journaliste lui demande si ce n’est pas trop dur de décider de prendre les rênes du 20 heures, lorsqu’on a deux enfants de 12 et 15 ans. “C’est vrai, reconnaît-t-elle, je m’efforçais jusqu’à présent à être là le soir, car ce sont les moments les plus précieux pour voir grandir ses enfants”.

Ah ! La brave mère ! Mais alors comment a-t-elle pris la décision cruelle d’abandonner ce noble principe ? Pas compliqué : elle a demandé aux mômes ! De mémoire toujours, elle raconte : “je leur ai demandé ce qu’ils en pensaient. Ils m’ont dit : “qu’est-ce que tu veux faire ?” J’ai dit “le 20 h”, alors ils ont dit : “vas-y !”".

Dolto reviens ! Ils sont devenus fous ! C’est quand même dingue de se déculpabiliser à bon compte en refilant la responsabilité du choix à ceux-là mêmes qui en souffriront le plus !

C’est comme lorsqu’on a trop peur de rompre et qu’on s’arrange, à force de faire la gueule, pour que ce soit l’autre, celui qui n’a rien demandé, qui provoque la séparation.

Si si, y’en a !

La vérité vraie

Lundi 15 septembre 2008

Ce que dit Bigard sur le 11 septembre, ça vole pas très haut, désolé.

En revanche, ce qu’on veut nous cacher, et que je révèle ici à grands risques (d’ailleurs mon frigo vient de se mettre en route, le FBI n’est pas loin…) c’est que personne n’est jamais allé sur la Lune. Et ouais ! La preuve secrète est là :

Deux époques

Mardi 9 septembre 2008

Effectivement, je poste moins. Et quand je poste, ça manque de densité. Même si ça provoque de profonds débats d’idée !

Il y a vraiment une différence forte entre la première et la seconde époque de ce blog. La première, c’est quand il n’y avait que moi face à l’anonymat de l’Univers. Aucun lecteur ne me connaissait, je ne connaissais aucun de mes lecteurs. Je suis très heureux d’avoir réussi à m’en tenir à cette ligne pendant deux ans. Le temps de tout dire, librement. De raconter sans honte ce que j’avais pu vivre ou ressentir à 6, 10, 15, 25 ou 30 ans. Je livrais mes sentiments à l’aveuglette d’un glory hole, si j’ose dire. :beer:

Aujourd’hui, certains me connaissent, j’en connais certains. J’y gagne au change, sans aucun doute. Mais c’est fou de voir à quel point cette simple expérience de la reconnaissance provoque une espèce d’auto-censure sociale. Avant, je ne cherchais que ma propre satisfaction, désormais, je pense chercher davantage celle de mes lecteurs.

Mince, c’est extrêmement rousseauïste voire lévinassien comme vécu, quelque part, non ?!

Comme les autres

Vendredi 5 septembre 2008

Je crois que je n’irai pas voir “Comme les autres”. En même temps, je crois que je ne suis pas dans la cible. C’est un film pé-da-go-gique. C’est-à-dire pour les hétéros, à qui on montre des pédés qui font pas peur.

En plus, il m’énerve un peu Pascal Elbé, qui fait le beau gosse à son Lambert. Dans une interview à Madame Figaro, je crois, ça commence par “Pascal Elbé aime le rosé, les spaghetti et les femmes”. Comprenez : il n’a pas du tout l’intention qu’on pense qu’il est pédé, alors il tient à cloisonner dès le départ, ok ?

Et puis cet après-midi, je lis au bureau un recopiage de dossier de presse une autre interview dudit Pascal Elbé, avec une phrase qui me déconcerte. De retour à la maison, ne retrouvant pas l’interview en ligne pour en parler ici, je me dis : autant retrouver le dossier de presse. Voilà qui est fait, avec la phrase dedans.

Que nous dit-il, ce cher Pascal ?

“Philippe [son personnage] assume parfaitement qui il est, il n’a pas besoin de panneaux indicateurs sous forme de foulards colorés et de voix perchée.”

Je passe sur la voix perchée, parce que c’est toujours les mêmes fadaises. Mais alors le coup des foulards colorés m’a laissé sur le cul. De quoi parle-t-il ? Deux hypothèses : 1) le rainbow flag, mais alors n’aurait-il pas dit “drapeau coloré”?, ou alors, 2) hypothèse que je n’ose pas croire, il parle du code couleur en bandana, le truc le plus ringard, le plus obsolète qui soit, enfin me semble-t-il, dont se souviennent seulement quelques vieux historiens de la pédétude post-trentenaires, comme j’en connais dans la blogroll ci-contre.

Enfin, tout ça pour dire qu’il est bien ringard, notre Pascal, et que ça me donne pas envie de voir son film de naze.

L’adresse du dossier de presse :
http://www.leregency.fr/presse/DPpro.pdf

où l’on apprend que c’est facile de pas choquer : il suffit de montrer que les pédés, ils sont pas pédés. CQFD

Supervielle

Mardi 26 août 2008

Toujours en ordonnant ma bibliothèque, je tombe sur les Débarcadères, et je retrouve cette strophe, que j’ai toujours beaucoup aimée, pour son rythme et son dépaysement.

(…)
Et comme un éclatant abrégé des saisons,
Mon coeur découvre en soi tropiques et banquises
Voyageant d’île en cap et de port en surprise
Il démêle un intime écheveau d’horizons.

Je devrais repartir…