Presse purée

23 septembre 2008

C’est marrant d’entendre les illusions des gens sur eux-mêmes en matières d’information, et de voir Rue89. C’est un peu la théorie et la pratique. D’un côté, on se scandalise souvent sur le peu d’articles sur les famines d’ici, les oppositions politiques de là. Et de l’autre, Rue89, qui affiche le nombre de clics sur ses articles.

Hum. Aujourd’hui par exemple. La crise financière, tremplin pour la Chine ? Ouch, pas facile ça. 4168 clics. Anna Politkovskaïa, la vilaine, parle encore d’outre-tombe. Pfffu. Opposition politique russe. Pas glamour quand même. 3563 clics. Hortefeux veut limiter les droits des étrangers en rétention. Ah quand même. Effet menace nazie, ça marche toujours pas mal. 12360 clics. La blogosphère en remet une couche sur Darcos. Là c’est l’effet buzz au bureau. 10 966 clics. Honorable. Règlement de compte en Afrique du Sud : Zuma chasse Mbeki. Alors là faut pas rêver. Des noms inconnus, des enjeux qui nous dépassent. C’est vraiment le réd chef qui se fait plaisir. Au bout de deux jours : 2957 clics.

L’internaute si gourmand des nouvelles du monde est donc bien boudeur et, à tout le moins, il préfère quand même savoir ce qui se passe en France. Ah mais il reste celle là : Echangisme : vous vouliez savoir ? Vous avez demandé. 42888 clics. Ouf ! L’honneur de l’information est sauf ! Et le compte de pages vues aussi.

Ce n’est pas pour juger. Ces ficelles existent depuis le début de l’info en ligne et les premiers diaporamas “informatifs” sur les dernières collections de bikinis. Ce qui me fait cogiter, c’est que les sites de presse ne vendent leur peau qu’en présentant leur nombre de pages vues mensuelles aux investisseurs et aux
annonceurs. Or les compteurs de ces sites font tous le même constat : un sujet cul, une photo people, un buzz moyennement vérifié font souvent 10 fois, 20 fois, 100 fois plus de clics qu’une enquête à l’étranger, avec recherche de témoignages, investigations… et notes de frais. Le retour sur investissement n’est pas compliqué à comparer.

Voilà pourquoi les lignes éditoriales, il me semble, évoluent peu à peu, imperceptiblement vers ce type d’informations bankables sur Internet. Et aux internautes qui écrivent toujours “on s’en fout” à la fin des articles sur “qui est le père du gosse de Rachida Dati”, les rédactions laissent aux compteurs le soin du démenti.

Pour faire patienter… encore

17 septembre 2008

J’adore ce truc :

La vérité vraie

15 septembre 2008

Ce que dit Bigard sur le 11 septembre, ça vole pas très haut, désolé.

En revanche, ce qu’on veut nous cacher, et que je révèle ici à grands risques (d’ailleurs mon frigo vient de se mettre en route, le FBI n’est pas loin…) c’est que personne n’est jamais allé sur la Lune. Et ouais ! La preuve secrète est là :

Emploi du temps serré

14 septembre 2008

Quand même, Carla aurait peut-être dû prendre sa jupe une demi taille au-dessus…

Deux époques

9 septembre 2008

Effectivement, je poste moins. Et quand je poste, ça manque de densité. Même si ça provoque de profonds débats d’idée !

Il y a vraiment une différence forte entre la première et la seconde époque de ce blog. La première, c’est quand il n’y avait que moi face à l’anonymat de l’Univers. Aucun lecteur ne me connaissait, je ne connaissais aucun de mes lecteurs. Je suis très heureux d’avoir réussi à m’en tenir à cette ligne pendant deux ans. Le temps de tout dire, librement. De raconter sans honte ce que j’avais pu vivre ou ressentir à 6, 10, 15, 25 ou 30 ans. Je livrais mes sentiments à l’aveuglette d’un glory hole, si j’ose dire. :beer:

Aujourd’hui, certains me connaissent, j’en connais certains. J’y gagne au change, sans aucun doute. Mais c’est fou de voir à quel point cette simple expérience de la reconnaissance provoque une espèce d’auto-censure sociale. Avant, je ne cherchais que ma propre satisfaction, désormais, je pense chercher davantage celle de mes lecteurs.

Mince, c’est extrêmement rousseauïste voire lévinassien comme vécu, quelque part, non ?!

Comme les autres

5 septembre 2008

Je crois que je n’irai pas voir “Comme les autres”. En même temps, je crois que je ne suis pas dans la cible. C’est un film pé-da-go-gique. C’est-à-dire pour les hétéros, à qui on montre des pédés qui font pas peur.

En plus, il m’énerve un peu Pascal Elbé, qui fait le beau gosse à son Lambert. Dans une interview à Madame Figaro, je crois, ça commence par “Pascal Elbé aime le rosé, les spaghetti et les femmes”. Comprenez : il n’a pas du tout l’intention qu’on pense qu’il est pédé, alors il tient à cloisonner dès le départ, ok ?

Et puis cet après-midi, je lis au bureau un recopiage de dossier de presse une autre interview dudit Pascal Elbé, avec une phrase qui me déconcerte. De retour à la maison, ne retrouvant pas l’interview en ligne pour en parler ici, je me dis : autant retrouver le dossier de presse. Voilà qui est fait, avec la phrase dedans.

Que nous dit-il, ce cher Pascal ?

“Philippe [son personnage] assume parfaitement qui il est, il n’a pas besoin de panneaux indicateurs sous forme de foulards colorés et de voix perchée.”

Je passe sur la voix perchée, parce que c’est toujours les mêmes fadaises. Mais alors le coup des foulards colorés m’a laissé sur le cul. De quoi parle-t-il ? Deux hypothèses : 1) le rainbow flag, mais alors n’aurait-il pas dit “drapeau coloré”?, ou alors, 2) hypothèse que je n’ose pas croire, il parle du code couleur en bandana, le truc le plus ringard, le plus obsolète qui soit, enfin me semble-t-il, dont se souviennent seulement quelques vieux historiens de la pédétude post-trentenaires, comme j’en connais dans la blogroll ci-contre.

Enfin, tout ça pour dire qu’il est bien ringard, notre Pascal, et que ça me donne pas envie de voir son film de naze.

L’adresse du dossier de presse :
http://www.leregency.fr/presse/DPpro.pdf

où l’on apprend que c’est facile de pas choquer : il suffit de montrer que les pédés, ils sont pas pédés. CQFD

Ah mais en fait…

1 septembre 2008

Alain Bernard…

c’est un peu notre prince William…

En plus moche… Nan ? Vous trouvez pas ?

(on fait ce qu’on peut…)

Supervielle

26 août 2008

Toujours en ordonnant ma bibliothèque, je tombe sur les Débarcadères, et je retrouve cette strophe, que j’ai toujours beaucoup aimée, pour son rythme et son dépaysement.

(…)
Et comme un éclatant abrégé des saisons,
Mon coeur découvre en soi tropiques et banquises
Voyageant d’île en cap et de port en surprise
Il démêle un intime écheveau d’horizons.

Je devrais repartir…

Douceur

24 août 2008

En mars, en avril, viennent les premières journées qui annoncent que le meilleur est devant soi : la chaleur, les longues journées de soleil, le bureau qui tourne au ralenti. Et puis, fin août, comme ce week-end, viennent les premières journées de grisailles. Pas la grisaille lourde d’un jour d’orage, mais la grisaille basse, fraîche, venteuse et pluvieuse. Et puis le soir qui tombe drôlement vite. Ces journées qui annoncent la fin de l’été, la fin du festival, en somme.

Ce fut un bel été, vraiment, un très bel été.

Scorpion ascendant scorpion

24 août 2008

Je crains que le billet que je m’apprête à écrire ne m’exclue de manière irrévocable d’un certains nombres de dîners intellectuels, en me faisant passer définitivement pour une dinde. Mais voilà : les signes astrologiques, ça m’interpelle, quelque part.

Enfin, attention : je ne parle pas de l’horoscope dans Télé 7 jours. Ni des prévisions pour l’année prochaine, quand Mars sera dans la huitième maison, période favorable aux gains d’argents et à la repousse des cheveux. C’est pas ça. Mais disons que le profil psychologique dessiné pour chaque signe me paraît souvent correspondre à la réalité du tempérament des personnes que je croise. Et du mien, en premier lieu. Car c’est de là que tout est parti. Tout ce que j’ai pu lire des scorpions m’est souvent apparu comme incroyablement proche de ce que je vivais. Et quand je dis incroyablement, c’est incroyablement. Pas forcément sur le côté social ou amoureux, pas sur la surface, mais surtout sur le côté obscur, tous ces trucs qui me remuent le ventre depuis que je suis môme. A tel point que j’ai souvent ressenti de la gêne, à lire ces portraitistes anonymes qui faisait une description si précise de ce qui me semblait bien hermétiquement enfoui au fond de moi. A tel point, aussi, que si quelqu’un me demandait de me décrire intimement, je pourrais lui conseiller de lire ces choses, sans avoir peur d’être trahi.

J’ai retrouvé ce week-end un petit livre qu’on avait dû m’offrir il y a quelques années sur mon signe. J’y lis ceci (je donne juste ce passage, le reste est vrai aussi mais beaucoup plus flippant !)

“On voit apparaître chez lui des états anxieux faits de l’attente d’une menace occulte. Hantise de la faute, de la punition, du malheur, l’angoissé se sent condamné avec une obscure mauvaise conscience ; la peur est étroitement associée au désir, et l’ambivalence revient à nouveau autour des idées de châtiments et de purification, de damnation et de rédemption. Le terrain du scorpion est propice au complexe de culpabilité avec l’autopunition consécutive. Quand l’angoisse devient intolérable, l’être fait tous les efforts pour s’en débarrasser. Une conversion somatique sous l’aspect d’une maladie organique en est parfois la cristallisation. Sinon c’est la phobie inhibitrice, la névrose obsessionnelle. Assailli et poursuivi sans relâche par son idée absurde, en proie à son doute ou à son scrupule obsédant, véritable démon intérieur, l’être tente alors de conjurer le malin qui le possède, d’annuler la faute inconnue qui le tourmente par un cérémonial magique de purification.”

Ben si j’avais retrouvé ce passage plus tôt, je n’aurais eu qu’à le tendre à mon psy qui me demandait ce qui m’amenait chez lui.

Cela dit, je ne suis pas dépourvu d’un peu d’esprit critique. L’idée que le rayon du soleil qui darda mes langes depuis la constellation du scorpion en ce jour de novembre soit à l’origine de tout ça me paraît compliquée à avaler. Par contre, je me suis souvent demandé si tout cela n’était pas simplement lié aux premières sensations ressenties par le nouveau né. La lumière, la chaleur, ou même à l’état d’esprit des personnes qui l’entourent dans les premières semaines, peuvent-ils imprimer pour toute la vie un certain rapport au monde ? Du coup, il faudrait mener l’enquête aux antipodes pour savoir si le scorpion australien ressent les mêmes choses que l’Européen.

Dès que je la croise, j’en parle à Françoise (Hardy) !